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A l’heure actuelle, que ce soit dans le monde scolaire ou professionnel, nos supérieurs nous demandent tous de rendre nos travaux intellectuels dactylographiés, certainement pour leur éviter d’avoir à souffrir de l’écriture trop « personnelle » de certains. Pourtant, paradoxalement, dans l’art, les écrits manuscrits n’ont jamais eu autant de valeur. En effet, souvent à la mort d’artistes de tous genres et plus spécifiquement d’écrivains, leurs manuscrits prennent une valeur inestimable. D’ailleurs, c’est souvent à leur mort que leurs manuscrits les plus précieux apparaissent et ce n’est pas pour rien, c’est tout à fait compréhensible si l’on se met à la place des propriétaires et/ou détenteurs de ces manuscrits qui peuvent se vendre des centaines voir des milliers d’euros. Et si ces manuscrits ont autant de valeur c’est parce qu’ils sont, par nature, uniques et impossible à reproduire, surtout à la mort de l’artiste puisque le propre du manuscrit est d’être écrit à la main. De ce fait, vous ne trouverez jamais deux manuscrits identiques bien que des reproductions des manuscrits les plus renommés aient souvient été tentées. Mais avec le temps, la définition du terme « manuscrit » à légèrement évolué. En effet, avant l’invention de la dactylographie, un manuscrit était un « brouillon », un « premier jet » rédigé à la main, aujourd’hui, ces « brouillons » sont encore appelés manuscrits bien qu’ils soient, la plupart du temps dactylographiés. Attention donc au terme manuscrit qui peut être employé pour désigner divers documents pas nécessairement écrits à la main.

Le terme « manuscrit », du latin « manu scriptus » est, par définition un document rédigé à la main. La plupart du temps, cette rédaction est faite par l’auteur du document mais ce n’est pas nécessaire pour que le document soit reconnu comme un manuscrit. Ce n’est plus non plus nécessaire que le manuscrit soit écrit à la main. En effet, depuis quelques années, le terme « manuscrit » désigne également le brouillon d’œuvres littéraires, que ces brouillons soient écrits à la main ou dactylographiés. Méfiance donc quant à l’emploi de ce terme, qui peut être utilisé aussi bien pour désigner un parchemin antique d’une valeur inestimable que pour désigner le brouillon, même dactylographié, d’un romancier. En effet, comme vous l’aurez compris, les plus vieux manuscrits remontent à l’antiquité. A cette époque, la civilisation égyptienne employait des scribes pour faire des copies des manuscrits les plus précieux alors qu’au moyen âge on confiait cette tâche à des scribes. Mais bien entendu, même si la plupart des manuscrits ont été recopiés, maintes et maintes fois pour certains, un manuscrit reste par définition unique. En effet, l’écriture, le type de stylo, la couleur de ce dernier ainsi que la qualité du papier ne peuvent être les mêmes que ceux du manuscrit original. C’est donc cette unicité et cette impossibilité à reproduire un manuscrit qui rendent ces documents si précieux et bien entendu, plus ils sont anciens, plus ils ont de la valeur.

Parmi les manuscrits les plus précieux que nous avons su conserver durant des siècles voir même des millénaires, les plus précieux sont certainement les manuscrits de la bible ! Ces manuscrits, comme vous pouvez vous en douter sont de différentes natures. On distingue notamment ces manuscrits en fonction de leur support. Certains ont été écrits sur de la moelle de roseaux en rouleaux, on appelle ces manuscrits des papyrus, d’autres ont été écrits sur des peaux d’animaux découpées en feuillets : veaux ou moutons. En ce qui concerne plus spécifiquement le nouveau-testament rédigé en grec dans son intégralité on distingue les manuscrits écrits en lettres capitales qui sont les plus anciens ainsi que les plus rares et les manuscrits écrits en minuscules qui sont les plus nombreux. Pour classer ces manuscrits Kurt et Barbara Aland ont proposé, en 1981, cinq catégories au sein desquelles ils ont classé tous les manuscrits du nouveau testament. La première catégorie rassemble tous les manuscrits en alexandrins classiques. La deuxième catégorie rassemble les manuscrits écrits en alexandrin mais également des manuscrits byzantins. La troisième catégorie regroupe des textes mixtes ainsi que des manuscrits césariens. La quatrième catégorie, quant à elle rassemble essentiellement des manuscrits occidentaux alors que la cinquième et dernière catégorie regroupe des manuscrits byzantins. Ce n’est qu’à partir de 1226 que des universitaires ont commencé à traduire le nouveau testament rédigé entièrement en grec en Français. Ces traductions étaient bien entendu, elles aussi, manuscrites.



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